La position assise en W

La position en forme de W est fréquente chez certains enfants. Cependant, elle provoque des problèmes que la plupart des gens ignorent et peut être le signe d'un réflexe archaïque imparfaitement intégré, le Réflexe Tonique Symétrique du Cou.

En effet, cette position peut entraîner une rotation interne de la hanche et une prédisposition au développement de problèmes orthopédiques. Qui plus est, cette position provoque également des contractions musculaires, ainsi qu'un mauvais développement des os.

Dans cette position, l'effet de la gravitation de base dépasse le centre de gravité du corps, de sorte que les muscles du torse ne peuvent pas maintenir le bon équilibre du corps. La meilleure façon de prévenir toute complication est d'empêcher que les enfants en fassent une habitude.

D'autre part , cette position peut entraîner et aggraver l'antéversion fémorale, faisant marcher les enfants avec les pieds en dedans sans parler des autres déformations

Il y a peu de raisons de s'inquiéter si le temps passé en « W » est minime. Par contre, il est suggéré d'encourager ses enfants à s'asseoir dans des positions plus sécuritaires. Comme positions recommandées il y a :

  • Assis les fesses au sol avec les jambes allongées devant les pieds pointés.
  • Assis en « indien », les jambes croisées.

L'idéal c'est lorsqu'un enfant alterne régulièrement entre plusieurs positions. Si jamais vous avez des inquiétudes au niveau de la posture ou du développement de votre enfant, n'hésitez pas à venir consulter, car un Réflexe Tonique Symétrique du Cou incomplètement intégré peut être responsable de cette position, ainsi que de nombreux autres signes.

Le Réflexe Tonique Symétrique du Cou


Il apparaît 6 à 9 mois après la naissance. Son développement et son intégration sont nécessaires à l'installation des réflexes posturaux, des mouvement volontaires et de la coordination visuelle. Il s'intègre en principe entre l'âge de 8 et 11 mois.

Le Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC), sous sa forme primitive, déclenche deux types de mouvements. Lorsque le bébé lève la tête, ses bras s'étendent et ses jambes fléchissent sous lui. A l'inverse, s'il baisse la tête, ses bras fléchissent et ses jambes s'étendent. 

Ce réflexe est important pour la mise en place du 4 pattes, pour l'entrainement visuel (vision de loin, vision de près), pour développer une bonne posture. Les bébés l'intègrent en faisant rebondir leurs fesses sur les talons. La répétition de ces deux mouvements, vers l'avant et vers l'arrière, lui permettent de trouver le juste équilibre qui lui permettra de se tenir à 4 pattes, puis de "marcher à 4 pattes". L'expérience motrice et la maîtrise musculaire qui sont la conséquence de l'intégration du RTSC permettront également à bébé de passer à la position assise. "Tenir" assis ne sera alors pas un problème, puisque le bébé est capable de mobiliser lui-même les chaînes musculaires nécessaires pour tenir dans cette position.

Si le RTSC ne s'intègre pas complètement, le bébé peut se déplacer sur les fesses, ou rester assis jusqu'à ce qu'il se lève et marche. Un peu plus grand, il s'avachit sur sa table en tenant sa tête, s'assoit sur ses jambes, les enroule autour des pieds de la chaise, s'assoit en W au sol. Des problèmes de passage entre la vision de près et la vision de loin peuvent apparaître, ainsi que la perception juste des distances, ce qui pose des problèmes lors des jeux de balle, par exemple. Il peut aussi y avoir une faiblesse dans les bras (se suspendre à une barre, faire des roulades) ou pour nager la brasse et le papillon. Avec le temps, il peut provoquer des douleurs régulières dans le dos ou dans la nuque.

Au niveau postural, un RTSC incomplètement intégré déclenche un phénomène de fausse jambe courte, c'est à dire un modification du tonus au niveau du bassin ou des jambes, qui s'exprime par la rotation ou l'inclinaison du bassin, la flexion d'un genou. Il peut aussi participer à une déviation du bassin vers la droite ou la gauche (déséquilibre lombo-pelvien), ou de la colonne vertébrale (déséquilibre cervico-dorsal), ou à une attitude scoliotique. Il peut enfin participer à une mauvaise position de la tête qui peut être inclinée vers la droite ou la gauche, ou tenue en avant. Au niveau visuel, il peut être à l'origine d'hétérophories, ou d'un problème de convergence des yeux.


Le saviez-vous ?

Pour vous démontrer à quel point un RTSC imparfaitement intégré peut agir de manière bien étrange, vous pouvez faire la petite expérience suivante :

Placez un stylo verticalement à une quarantaine de centimètres de votre nez (ou celui d'une personne que vous voulez tester), fixez en l'extrémité avec vos yeux, puis rapprochez le lentement de votre nez. Normalement, vos yeux doivent "loucher" et maintenir la convergence pendant plusieurs secondes au moins quand le stylo arrive au bout de votre nez.

Si un œil ne suit pas, ou s'il décroche, ou si les deux yeux ne parviennent pas à "loucher", il y a un problème dans les muscles oculomoteurs.

Pour savoir si certains réflexes imparfaitement intégrés sont éventuellement responsables de ce problème, recommencez en :

- croisant les mains devant vous.

- croisant les mains devant vous et en joignant les deux pieds.

- croisant les mains devant vous et en croisant les deux pieds.

- vous tenant en appui sur une jambe.

- en combinant l'appui sur une jambe et les mains croisées.

Si vos yeux convergent mieux en prenant l'une de ces positions, il est fort probable que des réflexes imparfaitement intégrés soient à l'origine de ce trouble oculomoteur et de bien d'autres troubles.


Si votre enfant ne sait pas trop comment s'asseoir autrement qu'en W, voici de bonnes idées à lui proposer


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