Les Réflexes Archaïques et le Sens Corporel

24/06/2021

Les spécialistes de l'intégration des réflexes archaïques (ou primaires) communiquent de plus en plus sur leur sujet dans un esprit d'information et l'on ne peut que s'en réjouir.

Nous venons au monde avec 300 réflexes, qui sont des réactions involontaires et automatiques à des stimulations précises. Ils sont un héritage de l'évolution des espèces. Par exemple, lorsque nous entendons soudain un bruit très fort, nous sursautons. Notre système nerveux protège ainsi notre organisme en attendant que nous identifions la source du bruit et que nous prenions une décision (nous défendre, fuir, ou rire s'il s'agit d'une blague).

Ces réflexes sont importants pour le nouveau-né, car ils lui permettent de réagir de manière adaptée, en attendant qu'il apprenne à agir volontairement de manière coordonnée.

Les spécialistes des réflexes archaïques, ainsi que les psychologues de la toute petite enfance, sont tous d'accord pour dire que la mise sous contrôle de certains réflexes est importante pour le développement sensorimoteur du bébé. En effet, à mesure que le nouveau-né se développe, les réponses réflexes automatiques et toujours identiques s'avèrent être insuffisantes dans bon nombre de situations. Pour varier ses réactions, le bébé doit les mettre sous contrôle. Tout particulièrement en construisant des réponses qui vont dans le sens inverse de la réponse réflexe. Par exemple, contrôler la réponse de fermeture de la main commandée par le réflexe d'agrippement afin de pouvoir prendre et lâcher volontairement un objet.

Professeur Jean Piaget

Jean Piaget, le grand psychologue du développement de l'enfant, a démontré que le développement des actions volontaires du bébé était la base du développement de l'intelligence, qui est d'abord sensorimotrice, laquelle évolue vers une intelligence concrète et s'achève avec l'intelligence abstraite.

Les spécialistes des réflexes archaïques quant à eux, ont trouvé qu'un contrôle imparfait des réflexes archaïques générait des troubles variés qui ne concernent pas uniquement l'intelligence, mais aussi la posture, la psychomotricité, la régulation des émotions et les fonctions vitales (le sommeil, l'alimentation, la respiration, l'élimination, etc.). Vous pouvez trouver la liste ici. Cette grande variété de troubles s'explique parce que les réflexes ne concernent pas uniquement la motricité du bébé, mais l'ensemble de son fonctionnement. De plus, la motricité n'est pas la seule chose que le bébé doit mettre sous contrôle et faire varier. Ses émotions et ses fonctions vitales sont également concernées.

Pour illustrer les troubles que peuvent engendrer un contrôle imparfait du réflexe de sursaut, la personne peut réagir exagérément aux bruits inattendus, ou trouver certains bruits très désagréables. En ce qui concerne le réflexe d'agrippement de la main, elle peut appuyer fort sur le stylo ou écrire mal, être maladroite, ou ressentir le besoin de tripoter des choses.

Fort heureusement, les spécialistes de réflexes ont également trouvé des procédures qui permettent de mettre les réflexes archaïques sous contrôle à n'importe quel âge. Lorsque ces procédures sont appliquées, les troubles diminuent, ou disparaissent totalement.

Pour simplifier leur communication, la plupart des spécialistes présentent les réflexes archaïques indépendamment les uns des autres, tant dans leurs signes chez le bébé, que dans leur contribution au développement sensori-émotivo-moteur, dans la manière de les mettre en évidence en dehors de la période normale de leur expression (c'est-à-dire en dehors des 18 premiers mois de la vie pour la plupart des réflexes), voire distinguent aussi des procédures d'intégration spécifiques et isolées pour chaque réflexe.

Mais ils savent bien qu'en réalité les réflexes ne fonctionnent pas indépendamment les uns des autres. Et ils savent bien aussi que les réactions observées chez le bébé et les réactions observées après l'âge de 18 mois chez une personne normale, peuvent être assez éloignées. On ne teste pas n'importe comment un réflexe archaïque chez un bébé. On ne le teste pas nécessairement de la même manière après 18 mois, il existe souvent plusieurs tests par réflexe, mais ils restent toutefois très précis.

Quant aux procédures de mise sous contrôle, elles ont été élaborées par des spécialistes qui connaissent très bien leur domaine. Les plus efficaces sont d'ailleurs celles qui répondent le mieux aux lois du conditionnement des réflexes découvertes par le physiologiste Ivan Pavlov. Il n'est pas rare de devoir intégrer tel réflexe en premier lieu pour pouvoir intégrer ensuite tel autre. Mais l'intégration d'un réflexe ne conduit jamais à l'intégration spontanée de tel autre. L'intégration n'a donc rien de magique. Elle doit nécessairement suivre une certaine logique en cohérence avec le fonctionnement réflexe.

Pour autant, il reste encore des zones d'ombre. Plus un spécialiste en est conscient, voire est capable de les éclairer, et plus il est fiable.

Réflexe Tonique Asymétrique du Cou chez le bébé.

Prenons pour exemple le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou, très à la mode dans les domaines de la posturologie et des troubles des apprentissages scolaires.

Chez le bébé, une rotation de la tête d'un côté (le déclencheur) provoque une extension relative du bras du même côté accompagnée d'une flexion nette du bras et de la jambe du côté opposé (c'est la réaction tonique asymétrique).

Lorsqu'un évènement inattendu se produit, le Réflexe d'Orientation provoque une rotation de la tête et un engagement de l'ensemble du tonus (musculaire, attentionnel et émotionnel) vers la source de nouveauté (c'est la réaction d'orientation).

Ainsi donc, le Réflexe d'Orientation se trouve en amont du Réflexe Tonique Asymétrique du Cou et l'accompagne. En conséquence, établir des théories et proposer des protocoles qui tiennent compte de l'un et pas de l'autre, n'a pas de sens.

Mais le déplacement de la tête modifie également l'information vestibulaire (le récepteur de l'information gravitaire situé dans l'oreille interne) qui déclenche une réaction motrice suivant deux voies : La voie extra-pyramidale qui commande l'extension, et la voie pyramidale qui commande la flexion. Ainsi donc, le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou engage le Réflexe Tonique Labyrinthique, ainsi que les voies extra-pyramidales du coté où la tête est tournée, et la voie pyramidale du côté opposé.

Sachant que la voie pyramidale est le circuit direct du contrôle moteur volontaire et les voies extra-pyramidales le circuit indirect du contrôle moteur volontaire, on peut dire que la coordination de la motricité dans le cadre d'une posture pouvant être associée au Réflexe d'Orientation, au Réflexe Tonique Labyrinthique, et au Réflexe Tonique Asymétrique du Cou, reflète particulièrement bien la qualité de coordination entre ces deux grandes voies de contrôle moteur volontaire pour l'ensemble du corps.

Intégrer le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou consiste-t-il donc à le mettre sélectivement sous contrôle, ou à moduler une hyperactivité du Réflexe d'Orientation, ou à le dissocier de la réaction réflexe Tonique Labyrinthique, ou simplement à mieux coordonner les voies pyramidales avec les voies extra-pyramidales ?

Ces questions complexes concernant pourtant un seul réflexe sur les 50 pouvant être mis sous contrôle, sont sans réponse à ce jour.

Cela n'enlève rien à la pertinence des méthodes d'intégration des réflexes archaïques mondialement reconnues, mais invite à la prudence quant aux extrapolations qui peuvent être faites aux niveaux neurologique et neurocognitif. L'effet "magique" de la mise sous contrôle des réflexes mis en avant dans un but de promotion de ce sujet peu connu, est encore très loin de dépasser le niveau du constat dans les faits.

Professeur Jonathan Delafield-Butt

Par ailleurs, ce que les spécialistes des réflexes archaïques et les psychologues de l'enfant descendants de Jean Piaget ignorent, c'est que le nouveau-né dispose également d'une intentionnalité basée sur conscience intuitive des possibilités de son corps qu'il a élaborées pendant la vie intra-utérine à travers les mouvements. C'est ce que démontre le psychologue écossais Jonathan Delafield-Butt et que j'ai appelé "Sens Corporel" en hommage au psychothérapeute américain Eugène Gendlin qui l'a le mieux décrit (bien qu'il l'ait déduit de sa réflexion philosophique sans faire référence au développement embryonnaire et de la toute petite enfance).

Ce Sens Corporel n'a rien à voir avec l'activité réflexe. Bien que reposant initialement sur une programmation génétique, chaque fœtus humain le développe plus ou moins et à sa manière. Ce Sens Corporel "personnel" (ou idiosyncratique) se retrouve également après la naissance dans le développement du nourrisson. L'étude d'embryons jumeaux, par exemple, a montré qu'ils développent entre eux des jeux et des manières de se toucher mutuellement, qu'ils poursuivront après la naissance, mais qu'ils ne manifesteront pas avec d'autres bébés.

D'un point de vue neuroscientifique, le Sens Corporel et la mise sous contrôle des réflexes archaïques reposent sur des structures nerveuses sensiblement différentes.

Le Sens Corporel repose initialement sur un système d'intégration sensorielle exclusivement tactile et proprioceptive reliant la motivation, à sélection des cibles, et à la sélection des actions, dans un but d'exploration des possibilités du corps. Ce système révèle une intentionnalité primaire qui reste étonnamment stable durant toute la vie.

À la fin de la période de gestation, et surtout à partir de la naissance, ce système évolue vers une intégration multimodale des informations sensorielles (incluant donc la vision, l'audition, le goût, l'odorat, et la sensation de pesanteur), dans un but d'adaptation en temps réel, moment par moment, à la vie extra-utérine.

L'existence d'un tel système a été mis en évidence par le neuroscientifique suédois Bjorn Merker.

Professeur Bjorn Merker

Ce système met en jeu le tronc cérébral, notamment le mésencéphale. Au sein de ces structures du tronc cérébral, le pallium et les colliculi supérieurs ont un rôle clé. Ce système est capable d'apprentissage par conditionnement, mais aussi d'une mémoire à long-terme : la mémoire procédurale.

La mémoire procédurale permet la motricité automatique, concerne la manière dont les choses sont faites, et permet l'apprentissage progressif de savoir-faire ou compétences motrices grâce à la répétition. La mémoire procédurale est la plus résistante des mémoires. Elle est également implicite, comme tout ce qui découle du Sens Corporel, dans la mesure où elle fonctionne automatiquement et ne demande aucun effort conscient.

Bien que principalement centrée sur l'action, la mémoire procédurale n'est cependant pas dépourvue d'une certaine dimension émotionnelle. Un jour, le neurologue et psychologue suisse Edouard Claparède (1873-1940), qui avait l'esprit farceur, cacha une punaise dans sa main et lors d'un salut de routine, piqua celle d'une de ses patientes amnésique. Par la suite, la patiente évita de lui serrer la main alors qu'elle était totalement incapable de le reconnaitre en raison de son amnésie. De telles expériences, ont été reproduites par le neuropsychologue Antonio Damasio et ses collègues, démontrant ainsi qu'une personne peut récupérer en mémoire une expérience affective, en l'absence de toute cognition explicite de cette expérience.

Relations entre les types de mémoire et les formes de conscience, selon le Professeur Endel Tulving, spécialiste mondial de la mémoire.

Les neurones concernant les réflexes archaïques sont dans la moelle épinière. Leur mise sous contrôle relevant des lois du conditionnement, elle implique également le tronc cérébral, donc les structures nerveuses où siège le Sens Corporel. On sait aussi qu'il existe un système de proprioception cutanée situé dans la moelle épinière, basé notamment sur les capteurs de pression et d'étirement. C'est ce système qui est privilégié dans le développement initial du Sens Corporel.

On se rend compte qu'il y a donc un certain recouvrement entre ce qui concerne le développement du Sens Corporel et la mise sous contrôle des réflexes archaïques chez le bébé. Mais chez l'enfant et l'adulte, la mise sous contrôle implique nécessairement le cortex (par les voies directes et indirectes) puisque cela consiste à exécuter des mouvements volontaires précis, alors qu'il est démontré que le Sens Corporel peut très bien fonctionner sans cortex (notamment à travers le cas des enfants atteints d'hydranencéphalie et les études sur les animaux décérébrés). 

Enfant affecté d'hydranencéphalie.

Il y a toutefois une question qui permet d'éclairer les rapports entre le Sens Corporel et le sujet de la mise sous contrôle des réflexes archaïques.

Pourquoi certains enfants ou adultes se retrouvent avec des réflexes archaïques imparfaitement intégrés, et pas d'autres ?

Cette question rejoint une critique qui a souvent été faite à Jean Piaget : Qu'est-ce qui fait qu'un bébé trouve un schème sensorimoteur insatisfaisant et le pousse ainsi à élaborer un schème d'ordre supérieur ?

Les spécialistes des réflexes archaïques et les piagetiens apportent la même réponse en disant que sont les contraintes de l'environnement (la richesse et la résistance des stimulations provenant de l'environnement) qui génèrent plus ou moins de frustration. Si la frustration est suffisante, le bébé est motivé pour la dépasser et a l'occasion de trouver de nouvelles solutions. Dans le cas contraire, il a tendance à se reposer sur ses acquis.

Je propose une explication alternative qui n'exclue pas totalement l'explication ci-dessus. Plus que la frustration générée aléatoirement par l'environnement, c'est le Sens Corporel qui est son propre moteur de développement.

En effet, je constate cliniquement que des avatars dans les conditions de gestation et surtout dans les conditions de naissance, semblent être systématiquement associés à des réflexes imparfaitement intégrés, à de légères anormalités dans le développement sensorimoteur précoce, et aux troubles fonctionnels variés décrits par les spécialistes des réflexes archaïques, mais aussi par les posturologues qui étudient la proprioception, ainsi que les neuroscientifiques qui étudient l'intéroception (la capacité à ressentir viscéralement ce qui se passe à l'intérieur de soi).

Mon idée est que la qualité d'exploration des possibilités du corps par le fœtus pourrait-être déterminante dans le processus de naissance par voie basse, dont on connait l'importance dans le bon développement neurologique et émotionnel ultérieur par rapport aux naissances par césarienne en dehors de tout motif médical.

Je n'exclue pas que, lorsque le processus naturel de naissance ne se déroule pas correctement, les interventions d'assistance puissent hyper-activer des réflexes de défense chez le nouveau-né, et affecter ainsi à plus long terme son intérêt pour l'exploration et la nouveauté.

Toutefois, j'aurais tendance à dire que cette limitation ne viendrait que s'ajouter au mauvais calibrage du système d'intégration multimodale des informations sensorielles reliant la motivation, à sélection des cibles, et à la sélection des actions, dans un but d'adaptation en temps réel, moment par moment. C'est-à-dire au mauvais calibrage du Sens Corporel.

Un nourrisson qui ne perçoit pas correctement ses états internes, dont la proprioception est inexacte par rapport à la réalité et aux possibilités de son corps, est entravé dans la calibration de ses sens externes, dans la précision motrice pour atteindre ses buts, et dans la gestion de la frustration. Son intentionnalité primaire étant limitée, il y a donc autant de probabilité qu'il contrôle imparfaitement aussi ses réflexes archaïques.

Et pour ces deux raisons conjointes, il se trouve ensuite entravé pour accéder à une adaptation de plus en plus détachée du contexte immédiat, du temps, et des objets (matériels et humains), tout au moins pour ce qui touche à la psychomotricité et à la régulation des émotions (on peut dire la posture, l'intelligence concrète et l'intelligence relationnelle).

Ma proposition a plusieurs implications :

  • Elle ouvre des possibilités de recherche en reliant le développement embryonnaire au développement précoce, et en identifiant un moteur possible de ce développement.
  • Elle répond à de nombreuses questions concernant les différents niveaux de conscience et la structuration de la mémoire, en plaçant un Sens Corporel implicite, procédural, global et intuitif, égocentré, agissant "ici et maintenant" moment par moment, duquel émergent par apprentissage et adaptation au monde des objets (physiques et humains) les autres fonctions opératoires et analytiques, exo-centrées, explicites, sémantiques et autobiographiques.
  • Elle propose une explication à certains troubles chroniques récidivants ou récalcitrants aux thérapies classiques, ainsi qu'aux effets obtenus sur eux par l'intégration des réflexes archaïques, mais aussi par d'autres méthodes de stimulation sensorielle et motrice. Ce faisant, elle permet d'unifier des méthodes existantes et d'en développer de nouvelles.

Il existe (ou devrait exister davantage) un vrai débat concernant le fait que ce sont bien les réflexes archaïques qui sont mis sous contrôle grâce aux protocoles d'intégration qui en portent le nom. Peut-être que ce sont aussi, ou plutôt, des patrons sensori-émotivo-moteurs nécessaires au bon calibrage du Sens Corporel et qui coïncident simplement en partie avec des réactions réflexes archaïques.

Je ne connais que le Docteur en Psychologie suédois Mats Niklasson qui ose aussi poser cette question, et je lui en rends d'autant plus hommage au regard de la faible audience dont il dispose.

Ce que j'ai exposé dans cet article n'enlève rien à l'intérêt de ce qui est dit et fait par les spécialistes mondialement reconnus des réflexes archaïques. Simplement ce sujet est extrêmement complexe. Il ne permet aucune affirmation. Il vaut donc mieux se méfier des extrapolations, et encore plus de l'amateurisme.

En effet, certains se sont mis en tête de s'emparer du sujet des réflexes qui commence à attirer sérieusement l'attention du grand public et des professionnels, dans le seul but de se distinguer dans les domaines saturés et ultra-compétitifs des thérapies dites "alternatives" et de la formation.

Ils prétendent régler tous vos problèmes en corrigeant quelques-uns de vos réflexes archaïques en quelques minutes, à l'aide de quelques stimulations et de quelques mouvements, voire d'appareillages tels que des lunettes colorées, des plots de résine sur les dents, ou des semelles... Ils prétendent établir des priorités et des hiérarchies entre les réflexes archaïques, ou intégrer plusieurs réflexes en intégrant un seul, ou que tel réflexe est sélectivement en lien avec le fonctionnement de telle partie du système nerveux. Ils prétendent ainsi avoir découvert des protocoles plus rapides, voire complètement nouveaux. Au mieux ils se trompent lourdement car ils ne testent pas les réflexes selon les standards reconnus (ils testent donc autre chose que des réflexes). Au pire ils abusent délibérément de l'ignorance de leur public.

Le moindre des risques encourus et qu'il ne se passe pas grand chose, ou même rien du tout, et que vous ayez dépensé de l'argent (voire beaucoup d'argent) pour ce résultat là. Un risque plus grand est de voir les patients qui souffrent rester avec leurs problèmes, et le sujet totalement discrédité.

Les bases concernant les réflexes archaïques sont posées depuis plusieurs années. L'essentiel a été trouvé et les résultats cliniques sont trop réguliers pour relever du hasard. Il n'y a donc plus rien à inventer. Il reste "simplement" beaucoup de choses à affiner, notamment dans la compréhension de ce qui se passe, dans les rapports entre les réflexes qui se mettent sous contrôle et les autres réflexes, dans les protocoles de correction, et dans l'articulation avec un autre système important du corps : Les fascias.

Ce tissus conjonctif élastique fortement lié au mouvement et à la mobilité, est complètement formé à la naissance. Reliant notamment la peau aux muscles et aux os, et riche en capteurs sensoriels, il représente aussi une partie de la proprioception interne. Il doit donc être pris en compte, autant dans le domaine des réflexes archaïques, que dans la structure du Sens Corporel.

L'intéroception également, sujet de prédilection du Docteur en Psychologie Manos Tsakiris, qui est la capacité à percevoir viscéralement les états internes. Distincte le la proprioception, elle s'avère être cruciale dans la régulation des fonctions vitales, des émotions, la construction des représentations affectives du corps (l'image corporelle), et la vie relationnelle (l'empathie, par exemple). Des recherches récentes montrent qu'elle est fonctionnelle à l'âge de 5 mois, et pourrait même l'être dès la naissance.

Ce sont là en résumé toutes les raisons pour lesquelles la Psychoposturologie Clinique que j'ai développée place le Sens Corporel au centre de sa démarche, et utilise principalement les protocoles d'intégration des réflexes archaïques ayant fait leurs preuves, le modelage des fascias, la Somatics (méthode proprioceptive), le Focusing, et la Somatic Experiencing (méthodes intéroceptives), comme outils thérapeutiques.

La Psychoposturologie Clinique se définit donc par son objet (le Sens Corporel) et non par ses outils (les techniques citées ci-dessus). C'est la raison pour laquelle ses résultats sont souvent meilleurs, plus homogènes, plus stables, et plus étendus que ceux des techniques prises isolément.



Liste des spécialistes sérieux et renommés concernant les réflexes archaïques :

· Svetlana Masgutova (Méthode MNRI).

· Paul Landon (Méthode IMP).

· Peter Blythe et Sally Blythe Goddard (Méthode INPP).

· Vaclav Vojta (Méthode DNS).

Autres méthodes sérieuses, mais moins argumentées :

· Paul Dennison (Méthode Brain Gym).

· Harald Blomberg et Kerstin Linde (Méthode RMT).

· Mats Niklasson (Méthode Vestibularis).

Toute autre méthode ne peut être qu'une copie plus ou moins bonne des méthodes suscitées, ou une prétention d'agir sur les réflexes archaïques qui reste à démontrer.